A savoir sur la délinquance

La délinquance est une conduite caractérisée par des délits répétés,
considérée surtout sous son aspect social mais également pénal.
Elle est considérée comme un premier pas vers la criminalité et à ce titre, elle est réprimée.

Il s'agit principalement de délits opérés à petite échelle,
et la connotation péjorative du mot est dirigée globalement vers un ensemble de personnes,
dont la nature délinquante est plus déterminante que l'acte de délinquance lui-même.
Comme le terme inclut la notion de répétition, ce sont les auteurs qui sont visés et non point une action en soi.
Si la notion de classes dangereuses était utilisée au XIXe siècle,
il semble que la seconde moitié du XXe siècle ait changé le regard social en associant plus fréquemment la délinquance aux jeunes.
Exploitant la valeur négative du terme, des notions comme celles de délinquance financière sont également apparues.


La délinquance concerne les modalités d'action et non ses motivations :
ainsi, un émeutier est considéré comme un délinquant à partir du moment où on lui dénie des motivations politiques,
ou tout du moins, à partir du moment où l'on ne les prend pas en compte.
Elle peut être dirigée aussi bien contre les biens matériels que contre les personnes,
mais le degré de tolérance est moins élevé dans le cas des attaques contre les personnes (le délit deviendra plus facilement un crime, aussi bien pénalement que médiatiquement).
La non-soumission à des normes sociales ou à des lois, sans qu'il y ait dégradation ou agression, est aussi une attitude délinquante. C'est notamment le cas de la consommation ou de la vente de produits prohibés.

 

 Associations de prévention de la délinquance 
Issu en 1992 du Forum Européen pour la Sécurité Urbaine,
le Forum Français pour la Sécurité Urbaine réunit plus de cent trente collectivités territoriales.
Il est dirigé par un Comité Exécutif de vingt et un membres élus représentatifs des sensibilités politiques et des diversités urbaines de la France.
Le Forum Français pour la Sécurité Urbaine dit se reconnaître dans les principes de la Charte "Démocratie et Sécurité".
Pour cela, il demande le renforcement du rôle des collectivités territoriales et des élus locaux et présente sa politique de sécurité selon trois axes :
prévention, répression et solidarité.

Les statistiques de la délinquance en France sont réalisés à partir de l'État 4001,
un fichier réalisé sur la base des chiffres enregistrés par la police. Ces statistiques sont soumises à controverse.
Elles ne mesureraient pas la déliquance mais plutôt l'activité policière,
elle-même sujette au fait que la victime dépose ou non une plainte.
Laurent Mucchielli considère que la hausse d'une infraction dans les statistiques traduit moins la délinquance que l'action de la police, même si les deux sont liés.
Ainsi, la hausse des homicides, des coups et blessures volontaires et des vols avec violence témoigne bien d'une plus grande violence sociale,
mais celle des outrages à policiers ou des ports d'armes prohibées traduirait plutôt la sévérité accrue de la répression dans les quartiers « sensibles ».
À l'inverse, certaines infractions connues de la police n'apparaissent pas dans les statistiques.

Ces statistiques sont à analyser avec prudence, mais elles constituent une source d'information et peuvent être complétées par les enquêtes de victimation.
Ces enquêtes interrogent un échantillon représentatif de la population française au sujet des délits subis, en général sur une période de 24 mois avant l'enquête.
Elles existent depuis les années 1990 ; il leur est repproché d'ignorer les actes de délinquance « discrets » comme la corruption ou la fraude fiscale.

L' Observatoire national de la délinquance, en collaboration avec l'Insee, tente chaque année de mieux cerner la délinquance en France, en se démarquant des statistiques de la police et de la gendarmerie.

 

 Délinquance et stigmatisation 
La figure du délinquant hante l'opinion publique, les médias, et même la criminologie.
À une époque où chacun estime légitime d'être protégé contre les risques de l'existence,
la montée de la délinquance et de la violence manifeste est ressentie comme intolérable.
Picca insiste sur le lien entre sentiment d'insécurité et isolement, mais aussi vulnérabilité objective.
La peur de la délinquance est aussi l'expression symbolique d'un sentiment de mise en danger sociale et économique de la part des classes moyennes.
Il ne faut cependant pas oublier que les victimes des délinquants se recrutent avant tout dans leur propre environnement, c'est-à-dire la partie la plus défavorisée de la société.
Selon Laurent Mucchielli, « les enquêtes de victimation indiquent que l'augmentation des agressions est réelle mais ciblée :
elle s'exerce surtout au sein des milieux populaires ».
Elles débordent cependant de ce contexte, dans la mesure où elles se développent en milieu scolaire ou dans les transports,
sans oublier le cas des policiers, des pompiers ou encore des médecins de quartier.

Malgré la dilution des normes religieuses et morales, la société n'a pas renoncé à se définir par opposition à ce qu'elle rejette,
ou à ce qui la met en danger.
Elle crée même de nouvelles normes, comme le politiquement correct ou l'intolérance à l'égard des fumeurs.

La sévérité vis-à-vis d'un acte ne se confond pas avec sa gravité objective ou juridique.
Edwin Lemert distinguait ainsi la déviance primaire (la transgression de la norme) et la déviance secondaire (la stigmatisation).
La délinquance primaire tend à se banaliser dans tous les milieux sociaux mais Georges Picca note que l'opinion n'est pas sans éprouver de la connivence avec certaines de ses formes,
comme l'escroquerie.
Laurent Mucchielli établit un parallèle entre les « agriculteurs en colère » et les émeutes des banlieues.

Tout se passe comme si l'acte lui-même, ou ses conséquences pour la victime,
comptait moins que sa visibilité, ou que l'étiquette du délinquant,
soit parce qu'il appartient à une classe identifiée comme dangereuse, soit au contraire en raison de la faillite à une mission publique ou sociale particulière (notables, prêtres, médecins, enseignants, hommes politiques).
Il faut sans doute rattacher ce phénomène au concept de « rôle », que le délinquant joue trop bien un rôle donné,
ou qu'il le transgresse


Dernière mise à jour de cette rubrique le 14/11/2007
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