Le monde des sans abri...

sans abri

Un sans domicile fixe (SDF) est une personne qui dort dans la rue ou dans des foyers d'accueil.
On parle aussi de sans abri ou d'itinérant.
Le mot "clochard" a tendance à tomber en désuétude à cause de sa connotation péjorative et réductrice.
Les sans-abri sont souvent dits en situation d'exclusion sociale, bien que ce terme prête à débats.
 Quelques rares sans-abri travaillent (CDD ou intérim) et peuvent donc difficilement être qualifiés de « marginaux ».
On se rend donc compte qu’il existe plein de signes avant-coureurs sur la probabilité de se retrouver à la rue.
 Étant donné que toutes les sociétés modernes se trouvent confrontées à de tels problèmes, on comprend mieux que le sans-abrisme soit mondial.
Cela dit, il existe des explications volontaristes qui disent que les gens sont dans la rue principalement par choix. 
Celui-ci est vu comme un style de vie qui est choisi et non imposé.
 Un tel raisonnement sur le volontarisme tient une grande importance en politique et ce, en partie parce que cela écarte les hommes politiques, leurs structures ainsi que les tendances auxquelles ils sont associés, de responsabilités directes vis-à-vis de certains problèmes sociaux auxquels ils sont confrontés.

Le monde du sans-abri

L’univers du sans-abri, dans lequel règne la loi du plus fort, s’avère hostile et nécessite une lutte et une méfiance de tous les instants afin de survivre.
 Ces conditions de vie impliquent un stress important et toujours permanent.
La personne qui devient dans cette situation doit s’adapter à ce nouveau monde et ceci a des répercussions dans de nombreux domaines.
 En effet, celui-ci perd toute signification du long ou du moyen terme.
Lorsqu’il a faim, il lui faut trouver de la nourriture tout de suite.
 Ainsi, tous les repères matériels disparaissent, contraignant le sans-abri à s’en créer de nouveaux au fil du temps.
Le monde du SDF détient également une vision particulière de la santé.
 De ce fait, celui-ci ne peut pas se permettre de tomber malade, étant donné la lutte qu’il mène quotidiennement pour survivre.
 Elle est également perçue comme dévastatrice, en raison d’une image de soi déjà dévalorisée.
 Par ailleurs, le corps sert simplement d’outil pour subvenir aux besoins vitaux et, dans cette optique, doit être fonctionnel.
 La priorité n’est souvent pas associée à la santé, alors que ceci permettrait au corps d’avoir un fonctionnement optimal et de remplir les fonctions nécessaires à la vie dans la rue.
 L'habillement n'a plus de fonction sociale mais constitue le seul rempart contre les aléas climatiques.
Il convient de rappeler que les vêtements peuvent être la source de différents maux, s'ils ne sont pas lavés régulièrement.
Les sans-abri sont également confrontés au problème de l’alimentation en ce qui concerne la qualité des aliments, la diététique ainsi que dans l’absence de repas considéré comme événement social.
L’alcool est une boisson très présente dans la vie de la rue, tout en étant la drogue la plus dangereuse à long terme.
Elle remplit de nombreuses fonctions :
-Facilite l’action de mendicité
-Aide à lutter contre le froid et la douleur
- Facilite l’endormissement
Toutefois, ces fonctions sont souvent doublées d’effets néfastes :
-Refroidissement plus rapide du corps, multiplication des ulcères et infections, diminution de la durée du sommeil...

Emploi et exclusion sociale

On voit souvent les personnes sans domicile fixe comme des personnes désocialisées, totalement exclues de la société.
 Or, on s'est aperçu que c'était loin d'être le cas général.
Certains ont un emploi, en général précaire (contrat à durée déterminée, intérim).
C'est généralement pour eux le coût du logement et l'insuffisance des logements sociaux qui les maintiennent à la rue.
Par ailleurs, la crise du logement et le prix élevé de l'immobilier n'est que l'une des causes expliquant le phénomène des sans-abris.
 En effet, l'accès au logement, même pour celui qui peut payer, est restreint par de nombreuses garanties.
Ces contraintes demeurent importantes, au-delà même du coût du logement en lui-même.
Le phénomène des « grands exclus » est un phénomène social complexe à gérer.
 Il ne s'agit pas uniquement de pauvreté, mais surtout d'une désocialisation, d'une perte du lien social.
 En effet, une personne pauvre a en général des amis, de la famille qui peut l'héberger ; si la personne se retrouve dans la rue, c'est qu'elle a coupé ses liens avec ses amis et sa famille, ou l'inverse, ce qui arrive le plus souvent.
 Afin de survivre à ce milieu destructeur, ces derniers sont contraints à se soumettre à toute une série d’adaptations qui, à leur tour, vont encore renforcer la dépendance de l’individu vis-à-vis du dit milieu.
 Ce véritable cercle vicieux va mener le sans-abri à ce processus de désocialisation et en victime va se trouver graduellement dépourvu de tout support social.
Un certain nombre d’évidences montre que le sans-abrisme peut conduire aux mêmes extrémités dans des milieux socioculturels très différenciés.
Cela met également en lumière le fait que certaines institutions d’aide sociale, en ne prenant pas suffisamment en compte les contraintes environnementales auxquelles sont soumises les personnes souffrant d’extrême exclusion, participent au renforcement du processus"d’exil de soi".
Les personnes SDF sont souvent réticentes à dormir dans les foyers :
-Ceux-ci ne présentent pas des garanties de sécurité (notamment en ce qui concerne les vols, agressions...)
- Ils n'acceptent en général pas ceux qui ont des chiens
-Ni les couples de SDF.

-On les remet à la rue très tôt le matin alors que c'est la que les températures sont les plus basses.

A tout prix, les sans-abri tentent de retrouver un « chez-soi »
Pour les SDF aussi, le besoin d’intimité est fondamental.
qu'est-ce qui pousse nombre de personnes sans domicile à planter leur tente ou à bâtir une cabane dans la forêt ?
 Une foule de raisons expliquent ce choix qui n’en est pas vraiment un.
Les capacités insuffisantes ou inadaptation des foyers, situation irrégulière d’une partie des sans-abri...
On oublie que ces personnes ont avant tout besoin d’un « chez-soi », quitte à s’exposer au froid ou à d’éventuelles agressions.
Se bricoler un abri, c’est s’assurer un peu d’intimité et de retrouver une vie affective et sexuelle.
Bâtir sa cabane, habiter une caravane, squatter un logement, dormir dans sa voiture... permet de retrouver une attache,
 même si cela revient à se fixer dans la précarité. 
Je me permet de rappeller que ces personnes existent et qu'elles ne veulent pas se contenter d'une solution de "provisoire" et revendiquer si j'ose dire un peu de dignité.
Ce type d’habitat ne procure évidemment pas de solution satisfaisante, mais peut permettre à certains de se rebâtir.
La question de la durée est, elle aussi, critique.
 Beaucoup de personnes en très grande difficulté sont déprimées, alcooliques...
On reproche aux SDF de ne pas avoir de démarche positive,  on les chasse, les laissant face à un dilemme terrible : soit la rue et ses souffrances ou être comme tout le monde.
Ce qui exige des prédispositions bien au-dessus des leurs.

 


Edité par Foxtrott

 

 


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