La polémique sur le pouvoir d'achat

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Où en est le pouvoir d'achat ? Il est bien difficile d'y voir clair sur ce sujet sensible autour duquel se cristallisent bien des grognes.

C'est aujourd'hui une réalité: les prix des produits de premières néccessité et ceux des carburants flambent.

Cet incendie attise les grognes des consommateurs et participe à une perception négative de l'évolution du pouvoir d'achat.

Et jette le discrédit sur l'indice des prix à la consommation calculé par l'Insee, qui affiche une sagesse constante.

Résultat: de plus en plus nombreux sont ceux qui doutent de la pertinence des chiffres qu'on nous assène au quotidien.

Néammoins, selon les statisticiens de l'Insee, et pour la 3éme année consécutive, le pouvoir d'achat progresse: +1,7% en 2005, +2,3%en 2006 et +2,8% en 2007 (prévision).

Avec une inflation historiquement modérée (+1,8 à +1,9% par an), les ménages devraient constater une amélioration de leur sort.

Pourtant, la vérité semble tout autre.

Plusieurs raisons pourraient expliquer cet écart.

Tout d'abord, les consommateurs perçoient les prix de façon épidermique, à la différence des statisticiens, qui les mesurent objectivement.

Les achats les plus courants marquent davantage leur esprit.

S'il est vrai que les prix des produits alimentaires augmentent (6,1% entre 2005 et 2006 pour les légumesfrais; 5,6% pour le poisson frais, selon l'Insee), l'indice prend également en compte les baisses.

Il est en effet assis sur 200 000 prix correspondant à plus de 1000 types de biens et services.

Les ménages ne subissent pas forcément les hausses des prix, comme ils ne bénéficient pas toujours des baisses.

Ils réalisent en effet des arbritages.

Si, objectivement, les prix de certains produits (micro-ordinateurs ou automobiles, par exemple) ont chuté, rien n'indique que les consommateurs n'en ont pas profité pour monter en gamme ou augmenter leurs achats.

Tout comme la hausse des prix du cerburant peut être partiellement compensée par une moindre utilisation de la voiture.

De plus en plus de ménages ont soucrit des contrats d'abonnement ou pris des engagements réguliers donnant lieu à des prélèvements automatiques ( téléphonie mobile, internet, télévision).

Le poids de ces dépenses dites contraintes (parmi lesquelles figure le logement), qui ont lieu avant tout arbitrage des dépenses courantes, a sensiblement augmenté dans le budget des ménages (41% en moyenne en 2001, 45% en 2006).

Dans la structure de la consommation, la part du logement a beaucoup crû depuis 2000

Selon l'Insee, les dépenses courantes de logement ont progressé en masse de plus de 27% entre 2000 et 2005.

Responsables: la hausse toujours vive des loyers et la forte croissance des dépenses d'energie.

Avec 25,2%, c'est le 1er poste dans le budget.

Les transports arrivent derrière (14,7%), suivis par l'alimentation (13,7% hors alcool et tabac).

Les achats de biens et de services de technologies de l'information et de la communication (les TIC) continuent  de progresser (+15,8% en volume en 2006).

Mais c'est surtout le fait du boom des achats de téléviseurs à écran plat. 

" Pour faire face à ces nouveux besoins, peut-on lire dans un rapport sur le sujet récemment remis par Philippe Moati et Robert Rochefort; les consommateurs ont à la fois réduit leur épargne et opté pour les produits les plus banalisés et parfois même réduit leur consommation en volume dans un certain secteur.

Ils ont ressenti cela comme un appauvrissement, une baisse de pouvoir d'achat, alors que du strict point de vue de l'analyse économique, il s'agit d'arbritages dans un contexte de faible croissance ou de stabilité de leurs ressources".

Et ces mêmes auteurs de conclure à la nécessité, face à la crise de confiance dans les indicateurs économiques, de les faire évoluer.

Et de proposer plusieurs pistes: mesurer non pas l'inflation mais l'évolution du coût de la vie; ou encore la satisfaction de besoin et ce qu'il en coûte pour y répondre.

Un chantier à faire rêver les statisticiens.

 

(article du magazine Dossier Familial No 395 décembre 2007)


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