Enfant fugueur : comment réagir ?

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Entre 2000 et 2008, le nombre d’ados qui ont fait une fugue a augmenté de 30 %. Très déconcertante et angoissante pour les parents, la fugue est une rupture, l’expression d’un ras-le-bol, mais aussi un appel à l’aide qu’il faut savoir entendre.

 

"J’ai fugué parce que ma mère me criait toujours dessus, elle ne me laissait rien faire ! Un jour, j’ai craqué et je suis partie. Je ne savais pas quoi faire. Un ami m’a parlé d’un centre où je pouvais parler. Là, on a pu faire le point. Maintenant, il y a encore beaucoup de moments difficiles mais cela se passe mieux", témoigne Nadia sur le site www.fugue.be.
Chez un copain ou à la rue

En 2007, selon SOS Enfants disparus, près de 45 000 jeunes, âgés pour la plupart de 15 à 18 ans, ont choisi de rompre brutalement le lien avec leur famille. Certains vont "squatter" chez un copain ou une copine, d’autres se confronter aux risques d’un séjour dans la rue. Pour quelques heures ou pour plusieurs jours, selon les circonstances.

 

Un tiers des fugues durent moins de trois jours

Ces deux dernières années, le Web a été un "facilitateur" pour près de 9 % des fugueurs, notamment chez les jeunes filles. Selon le ministère de l’Intérieur, un bon tiers des fugues durent moins de trois jours, un petit tiers de trois jours à un mois, et le reste au-delà d’un mois.

"La fugue est toujours un message envoyé par l’enfant à sa famille. À l’adolescence, les jeunes ont souvent du mal à mettre en mots leurs émotions et ils peuvent choisir ce moyen abrupt pour exprimer leur mal-être. À l’âge du 'personne ne m’aime', c’est également un moyen de tester l’amour des parents. D’autres étouffent, cherchent à se séparer, veulent plus de liberté, et la fugue leur apparaît comme la seule échappatoire possible", analyse Laurence Hudry, juriste chargée de dossiers à SOS Enfants disparus.

Le constat effectué, il faut, si possible, réagir sans trop dramatiser, même si l’angoisse des parents est toujours très forte. Dans un premier temps, il convient d’exploiter toutes les pistes pour entrer en contact avec l’adolescent, via téléphone portable, MSN, SMS, courriel, chercher aussi à joindre ses amis ou les parents de ses copains.

 

Les parents ont un rôle à jouer dans la recherche

Très souvent, le jeune fugueur est entré en contact avec un ami mais aussi avec quelqu’un avec qui il "chattait", un membre de sa famille, une personne de confiance. On peut se rendre sur les lieux qu’il aime fréquenter et, si besoin, placarder des affichettes avec sa photo. En les voyant, le jeune réalisera que ses parents mettent tout en œuvre pour le retrouver.

Dès que l’absence devient suspecte, et au plus tard dans les vingt-quatre heures qui suivent sa disparition, il faut prévenir la police ou la gendarmerie afin que des recherches soient enclenchées sans retard, en leur communiquant le maximum d’informations sur les circonstances et les raisons de la fugue.

Pour mener à bien un avis de recherche, les forces de l’ordre ont besoin d’une photo récente, de détails sur sa tenue vestimentaire, ses habitudes, etc. "Même s’ils doivent contacter la police, je conseille toujours aux parents de rester très actifs dans leur recherche. C’est important pour la suite, car l’enfant se rendra compte qu’ils se sont investis pour le retrouver. Il pourra y voir une preuve d’amour", poursuit Laurence Hudry. La Fondation pour l’enfance pilote un centre national d’appel, SOS Enfants disparus, qui offre aux parents désemparés les conseils d’écoutants professionnels.

 

Un dialogue à renouer après le retour

Lorsque l’enfant rentre à la maison, mieux vaut éviter les reproches stériles et ne pas réagir à chaud. Mais il faut absolument faire passer le message que l’on s’est inquiété pour lui, justement parce qu’on l’aime. Il peut être utile de suggérer un examen de santé par le médecin de son choix, si l’absence s’est prolongée plusieurs jours, ou si l’ado a pris des risques sur le plan sexuel.

Dans un deuxième temps, lorsque la tension est retombée, il faut savoir saisir cette opportunité pour amorcer un dialogue. Le fait d’avoir passé une ou plusieurs nuits dehors, dans l’insécurité, peut amener le jeune à réaliser que le foyer familial n’est pas forcément l’« enfer absolu » dont il se plaignait. Quant aux parents, l’événement doit les faire réfléchir et implique la remise en question de certains principes. Sont-ils toujours sur le dos de leur enfant, trop protecteurs ou trop exigeants, pas assez permissifs ou au contraire trop laxistes et pas assez présents ?

 

Des médiateurs en soutien

"La discussion implique la capacité à se remettre en question, des deux côtés. Chacun, parents et enfant, a des compromis à faire, surtout s’il s’agit d’une fugue longue ou de fugues répétées. Il faut admettre la discussion, tout en définissant un cadre précis, avec des limites à ne pas dépasser", poursuit Laurence Hudry.

Les parents et enfants peuvent également s’adresser à des tiers qui serviront de médiateurs : amis, membres de la famille, enseignants, éducateurs, mais aussi structures d’accueil pour les parents ou points accueil écoute jeunes (dans les mairies, les maisons d’adolescents, les maisons locales, les centres sociaux). La crise se résout alors plus facilement.

 

Trouver de l’aide
SOS Enfants disparus : 0 810 012 014 (numéro Azur, prix d’un appel local), du lundi au samedi de 9 heures à 21 heures. Web : www.sosenfantsdisparus.fr.
Fil Santé Jeunes répond de façon gratuite et anonyme à toutes les questions concernant la santé, la sexualité, le mal-être, la drogue, etc. Tél. : 32 24 depuis un poste fixe et 01 44 93 30 74 depuis un portable (prix d’un appel local). Web : www.filsantejeunes.com.
Association belge SOS Jeunes : www.fugue.be.


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